Vision de Sabine

Domination, soumission, autres émois humains, et des rires, pas des rites.

22 septembre 2005

Histoire de bûche

Un petit conte, presque de saison en ce dernier jour d'été, brrrrr.

Boum badaboum ..."aille, ouille, çà va pas, non? c'est pas parce que je suis une bûche qu'il faut me balancer comme çà sur le tas de bois!

- Bonjour fagot, bonjour cagette, bonjour les autres bûches, pardon d'arriver si brutalement...
- Bonjour bûche, t'inquiètes pas, on a l'habitude.... il s'occupe pas de nous, le propriétaire, mais il nous envoie régulièrement des bûches, on fait plus attention...
- Bon, merci. Vous êtes là depuis longtemps?
- Non, pas trop, mais on a froid dehors, quand il gèle, je te raconte pas, brrrrr, alors on se tient bien serrés pour se réchauffer.
- Oui, mais moi j'ai pas l'intention de rester trainer avec vous, j'espère bien être choisie rapidement pour la flambée... d'abord je suis la plus belle, j'ai la bonne taille, mes fibres sont bien sèches, et comme je suis en haut du tas, vous allez voir, il va venir me chercher et hop, dans la cheminée.
- Pfft, tu arrives et tu nous snobes?
- Désolée les amis, c'est la règle du tas de bois, vous savez bien, "last in first out"...
- Eh oui, on sait, hélas... tiens, le voilà qui se dirige vers nous justement, j'espère qu'il pensera à nous
- Je le vois oui, il s'approche, il me regarde, il tend la main, si seulement je pouvais faire miaou ... Cà y est, il me prend dans ses bras, youpee, adieu les amis, bonne chance pour la suite.
- Adieu, merci de penser à nous, on va encore se geler cette nuit..."

chemin_e

Ahhh, me voici dans la maison, chouette la maison, accueillante, aux tons chauds, un peu de musique, c'est quoi ?
Ahh, la télé, Star Academy... non pas çà, non, ils me gachent mon plaisir, zut.
Hummm, me voilà déposée délicatement sur un lit de papier et de brindilles, je sens que je vais me plaire quand même, l'âtre est petit, je suis toute seule, c'est pas plus mal. J'aime pas trop la concurrence quand je m'offre.
C'est très cosy ici ... Tiens, madame s'assied devant moi, dans le canapé, bonjour madame, je vous vois mal, c'est quoi ce qui me cache un peu la vue, cette table basse, oh, un seau à champagne... et deux coupes... ho ho, y aurait-il romance dans l'air?
Dring, téléphone, monsieur baisse le son de la Starac, ouf, et va répondre.... Hi hi, il a l'air pressé d'éconduire l'importun... Clac, raccroché, bien fait vite fait!
Je m'impatiente, moi... j'ai envie de chaleur.... Non, pas le volume de la télé non..... hélàs si ... quelle faute de goût quand même...
Ahh, çà y est, je vois la flamme d'une alumette, oui, le papier et les brindilles s'enflamment, et moi je frémis d'impatience.... je sens déjà une petite chaleur là, vers le bas... humm, que c'est bon...
Monsieur s'assied près de madame, prend la bouteille, pourvu qu'il ne me vise pas pour faire sauter le bouchon... j'aimerais pas...
Plof, voilà la bouteille ouverte, et çà dégouline un peu... trop pressé le monsieur, il devait pas être assez frais, le champagne...et ils trinquent, tchin tchin...
Bon, si je m'occupais de moi un peu, çà commence à prendre, les flammes me lèchent maintenant tout le bas, c'est un délice... je prends le relais...je commence à me consumer, je fais de mon mieux pour que mes flammes soient belles, que je donne un beau rouge sur ma peau... allez, encore un peu plus, voilà, laisse toi aller maintenant, c'est parfait...

Ohhhh, les coquins, oh non... hi hi, woawwww, non, si? ah oui, hi hi hi hi, et là non quand même, mais si pourtant, je vois bien ce que je vois, entre deux grande flammes... mais ils m'oublient là, çà va plus... je me fais la plus belle pour aller brûler, et ils me regardent pas... qu'ils en finissent... tiens, je vais les embêter un peu, hi hi, je vais leur faire un crépitement bien bruyant, çà va les détourner de leurs belles étreintes pour quelques secondes. Attention, trois, deux, une, et Tac...!

Même pas un regard, bon, c'est décidé, je passe du mode flamme en mode flemme le temps qu'ils montent au ciel et redescendent...
Voilà, j'ai bien fait d'attendre... je vais pouvoir reprendre des couleurs.... Oh, qu'est-ce qu'il fait? le soufflet? non..... çà chatouille.... pitié....

C'est reparti, de belles flammes à nouveau, il était temps, je me consumais sans éclat...

Et ils me regardent, enlacés, heureux... c'est mignon.... et je brule avec panache.... jusqu'au bout....

Quel bonheur, j'ai fait briller des yeux...

Et demain, lorsque mes cendres seront éparpillées au pied des rosiers du jardin, ce sera une autre vie... qui sait, des pétales de ces roses on extraira peut-être l'essence, destinée à un parfum qui rendra les femmes encore plus belles... c'est beau une vie de bûche...

Posté par visiondesabine à 08:16 - Rêves et réalités - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

17 septembre 2005

Réveil

Je me suis réveillé trop tôt, je musarde, prends un café léger, vais me doucher, il fait encore nuit. Je n'aime pas cette période de l'année, où chaque journée est un peu plus courte que la précédente, sans que les nuits soient plus longues.

Je m'allonge à nouveau sur le lit, en chien de fusil, une musique très douce me parvient, Menuhin et Grapelli, duettistes d'exception, et je retombe dans un demi-sommeil.

Sa bouche se pose sur mon épaule, je sens la caresse de ses cheveux, l'effleurement de ses lèvres qui parcourent mon dos, les reins. Seule sa bouche peut me toucher, ses mains sont encore entravées. Elle embrasse mes jambes, s'attarde un peu sur mes pieds, remonte vers les fesses.

violon_et_l_vres

Je m'offre un peu plus à sa carresse, elle est appliquée, patiente. Je me retourne avec un soupir, les yeux clos. Le contact des cheveux et des lèvres sur mon torse et le ventre est d'une grande douceur, le tempo de Menuhin et Grapelli est maintenant dans un registre bien plus swing.
Sa bouche frôle longuement mes cuisses, saisit mon sexe, le suce, l'aspire, elle est dans la mesure, elle me fait jouir....

La musique s'arrête, j'ouvre les yeux, elle n'est pas là...

Merci à Luuna de m'avoir aidé à comprendre comment fonctionne mon satané logiciel de retouche photo, c'est une experte!

Posté par visiondesabine à 07:12 - Rêves et réalités - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

04 septembre 2005

Place de la concorde

Ce texte écrit cet après-midi, je l'avais déjà plus ou moins rédigé une fois sur un chat, en plein de morceaux donc, pour quelqu'un qui m'a ensuite dit que j'étais pas commun. C'était sur un chat bdsm, sur lequel j'entre quand j'allume le pc, j'y parle à quelques personnes qui pensent d'abord à autre chose que bdsm, donc j'y discute peu, mais bien. Et qui sait... ma Sabine est peut-être là ... si des nuisibles ne lui donnent pas l'envie de vomir et de fuir...

Et puis, un défi... je suis vraiment con moi... mais j'ai promis, donc je fais, mon gage. Il aurait pu être pire, pensez donc, si je perdais j'avais promis de mettre une annonce avec le pseudo "Cuirsado"....Et avec photos très cuirsado... Mais j'étais finalement assez sûr de moi. Et j'ai gagné !!!

Je dois donc narrer une histoire vraie et que j'ai eu plaisir à écrire, sans aucun rapport avec bdsm. Et en plus le faire alors que j'ai gagné... Vachement "dom" çà....

C'était il ya a une vingtaine d'années... (oui, j'ai mon âge), je vivais à Paris depuis trois ou quatre ans, et dans l'entreprise ou je travaillais une belle femme m'attirait beaucoup, mes critères de beauté ne sont pas forcément ceux des magazines, ceci me permet de dire que je n'ai aimé que des belles femmes, vraiment.

Nous étions proches, un jour nous sommes allés diner, un tête à tête hors travail. Nous voici dans ma R5 (oui, une R5, TL, le modèle avec un bouton "warning", vous voyez de quel modèle je parle?), venant de l'ouest parisien et allant vers le quartier latin.


place_de_la_concorde

Mauvaise heure et mauvais jour pour ce trajet, mais du temps pour se parler... Et quand je dis mauvaise heure ....

Arrivés place de la concorde, c'était le chaos... chaos immobile, mais fumant, bruyant de klaxons, et toutes ces voitures presque monoplaces étaient à l'arrêt total, comme nous.

Animé d'une témérite surprenante, notre "prison" automobile étant si peu adaptée pour cet acte de courage insensé, je luis dis qu'elle me plait, que j'apprécie tant de choses chez elle, et que je serais le plus heureux des hommes s'il en était de même à mon endroit.

La réponse fut un grand sourire, une main qui prend la mienne...

Et je me suis donc mué en loup style "Tex Avery"... en sortant de ma R5, excité comme un pou, par son sourire, sa main, et l'embouteillage dont j'avais maintenant la furieuse envie de sortir.

Me voilà monter sur le capot de ma voiture, enlever la ceinture du pantalon, le baisser, mon slip 100% coton avec, et montrer mon CUL à ces empêcheurs de bonheur... j'ai fait un 360° panoramique, ce sont les mots que j'avais utilisé je crois quand j'avais raconté par épisodes. J'ai fait ce panoramique deux ou trois fois, en me tapant en même temps sur les fesses... et en chantant... L'Obélisque s'est inclinée devant la performance, si si, je l'assure, je l'ai vue. L'assemblée nationale, qui était en session presque déserte alors qu'on y votait des textes importants mais sans télévision, s'est complètement vidée de ses élus, au grand dam du personnel qui se disait que j'allais encore rallonger la séance... l'ambassade des USA a failli tirer un Scud, et une carpe a fait un bien joli saut pour m'applaudir de ses belles nageoires. J'ai encore son sourire en mémoire. Le fauve qui est sur la photo regardait ailleurs à ce moment, heureusement.

Plus proches de nous, les autres voitures ont pour certaines fait donner le klaxon, d'autres bouchonnés ont fait un geste amical, d'autres riaient aux larmes, un seul sinistre m'a fait un "toc toc" de son index sur la tempe. Je l'emmerde, si longtemps après, je l'emmerde et lui fais un doigt bien vulgaire.

Toutes et tous pensaient que cette exaltation était due au bouchon.

Le pare brise était sale, j'étais un peu à contre-jour, j'ai vu les yeux les plus beaux.

En entrant dans la voiture, rhabillé, j'ai aussi vu ses larmes, qui rejoignaient son sourire.

Posté par visiondesabine à 18:20 - Rêves et réalités - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

26 août 2005

Train de nuit

Te souviens-tu de ce séjour?

Nous n'avions pas la certitude de pouvoir être libres pour cette escapade lointaine, des tout premiers contreforts des alpes, là où la mer semble inerte, jusqu'à ce bord d'océan qui m'est si cher, fait d'amplitudes, lumières, couleurs, paysages, rage, violence, douceur, sons, vie.

Lorsque je t'ai appelée pour te confirmer que j'avais les billets, j'ai entendu ce rire particulier chez toi, si touchant qu'on se damnerait pour l'entendre.

Nous avions choisi de prendre une voiture lit, d'y passer la petite douzaine d'heures du trajet, à huis-clos, très clos d'ailleurs. Ce type de compartiment "duo" n'était pas ce que nous imaginions. Les couches, individuelles, étaient séparées par un bon mètre de vide... difficile d'imaginer passer la nuit ainsi... Nous en avions souri puis ri franchement pendant que le stewart les préparait en fin d'après-midi, après un repas digne de cette compagnie de chemins de fer... et lui aussi a souri en nous voyant dubitatifs....

voiture_lit

Nous nous sommes dit tant de choses, avant que la nuit tombe, malgré le bruit bien plus fort que dans un wagon ordinaire...

Tu as eu envie de faire pipi, dans les toilettes de notre petite voiture-lit... pour essayer... et regretter... Certes, il y a des toilettes, mais il faut démonter, monter, s'accrocher, faire des acrobaties, en espérant que les mouvement du train ne rendent pas l'exercice trop périlleux. Je riais de te voir ainsi, écartelée sur un ersatz de toilettes, t'accrochant à un bord de couchette d'une main, et à mon épaule de l'autre, jambes écartées, cuisses ruisselantes, riant aux éclats, de toi, de moi, de l'exercice, de ses conséquences...

Ce fut la première fois que nous primes conscience de notre voisinage, par deux ou trois coups tapés sur une des cloisons du compartiment.

Je t'ai quasiment portée pour te sortir de ce piège. Après remontage et repliage de ces toilettes diaboliques tu as fini de te déshabiller et as lavé les outrages dus à ces rails balanciers.

Monter l'échelle pour t'allonger sur ce lit fut un déclic, je ne pouvais pas négliger ces fesses, dans ce lieu jusqu'alors inconnu, sur une échelle... Caressées, embrassées, fessées, rougies, et toi les mains accrochées là ou tu pouvais. Je regrettais de ne pas avoir pris de quoi les attacher, les endroits ne manquaient pas, il y avait de belles perspectives. Tu voulais m'offrir plus que tes fesses, mais pas prendre le risque de tomber en levant une de tes jambes..

Ce fut la seconde fois que nous primes conscience de notre voisinage, par 4 ou 5 coups tapés sur une des cloisons du compartiment.

Je t'ai alors aidée à finir l'escalade de cette échelle, et là j'ai profité de ce moment ou tu as passé une jambe sur le lit, l'autre encore sur un barreau, pour caresser ton sexe. J'étais moi aussi monté sur une des marches de cette échelle, je te soutenais en me tenant moi-même, et j'ai continué ces caresses, tu n'as pas fait trop de bruit, nous ne voulions pas être dérangés par notre voisinage.

Il s'est cependant à nouveau manifesté une troisème fois, lorsque je t'ai à nouveau fessée, tu étais allongée et c'était moi sur l'échelle. Ce sont les bruits de ma main qui ont eu raison de sa patience. Cette fois-ci ce n'était pas sur la cloison, c'était sur la porte, l'importun était le stewart.

Tu t'es vite cachée sous le drap, j'ai ouvert, il a doucement dit "vos voisins voudraient que vous fassiez un peu moins de bruit..." avec un grand sourire. Pas besoin d'être l'oreille collée à la porte pour savoir ce qui se passait derrière, il avait manifestement entendu, avant de frapper, et il rigolait. Il avait toujours ce sourire le matin en apportant le plateau petit-déjeuner digne de cette compagnie de chemins de fer, encore plus radieux quand nous lui avons dit au revoir, avec un gentil pourboire pour le remercier de sa gentillesse.

J'avais hâte de revoir cet océan, j'avais hâte de repartir, dans une autre voiture lit.

Posté par visiondesabine à 20:14 - Rêves et réalités - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

23 août 2005

La main

heart_by_smoov_ie

Allongée sur le lit,

Repue de contraintes et de plaisirs,

Sereine et apaisée elle s'endormait.

Ma main s'est posée sur son sexe,

Possessive et tendre,

Elle referma ses cuisses et l'emprisonna,

Ses yeux se fermèrent,

Je restai ainsi prisonnier,

Mais n'y voulus rien changer,

Jusqu'au matin.

Posté par visiondesabine à 15:54 - Rêves et réalités - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

22 août 2005

Le silence

Silence, dernier luxe d'un monde pressé et bruyant,
Silence, source de pensées, d'avenirs, de vie,
Silence, silence d'enfant jouant à cache cache,
Silence, d'une fin de solo d'un violoncelliste,
Silence, quand les diseux se taisent,
Silence, pour ne pas trop dire,
Silence, pour écouter,
Silence, dans le bois en attendant le brâme du cerf.

andrey_yanev_silence

Silences, en serrant une main,
Silences, qui disent parfois tellement plus,
Silences, qui sont parfois les derniers atours,
Silences, après l'étreinte,
Silences, qui peuvent donner de merveilleux vertiges,
Silences, parsemés de soupirs,
Silences, pour entendre son souffle,
Silences, quand aimer se passe de mots.

Pourtant....
Silencieux, le nuisible,
Silencieuse, la lionne,
Silencieux, le traitre,
Silencieuse, la honte.

Et bruyants les baisers, les rires, les joies, les musiques et les gens heureux!

L'aquarelle est du bulgare Andrey Yanev, elle s'appelle "Silence", le lien vers son site est dans mes liens d'images. Et je revois de beaux moments, une nuit de silences dans le port de l'ile de Groix, Groix la belle, Port Tudy.

Posté par visiondesabine à 20:23 - Rêves et réalités - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

== Publicité ==


« Accueil  1